Initiative « Oui à l’interdiction de se dissimuler le visage », la question de la burqa, islamophobie et féminisme

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Le Comité d'Egerkingen a déposé le 15 septembre 2017 à la Chancellerie fédérale à Berne l'initiative populaire fédérale « Oui à l’interdiction de se dissimuler le visage » avec 106'600 signatures attestées.

Le texte d'initiative a délibérément évité toute référence au voile intégral musulman, mais ne nous trompons pas la burqa est l’objet principal d’accusation et les populations musulmanes sont plus généralement la cible de ce projet. L’objectif des initiants est une nouvelle campagne de stigmatisation contre les personnes de confessions musulmanes. Les initiants avaient d’ailleurs présenté dans leur visuel de campagne en prremier lieu l'image de la femme voilée utilisée pour l'initiative contre la construction des minarets 2009, ensuite celle d'un hooligan.

Cette initiative prends sa source dans l’initiative « Interdiction de la dissimulation du visage dans les lieux publics », votée à plus de 63% dans le canton du Tessin en septembre 2013 et qui est appliquée depuis l’été 2016. L’initiave avait été portée par le mouvement « Trouble-fête » (« Il Guastafeste ») et était soutenu ouvertement par La Lega tessinoise et l’UDC à l’époque. Cette initiative avait officiellement pour objet l’interdiction de dissimuler ou de cacher son visage sur la voie publique, dans les endroits ouverts au public ou destinés à offrir un service public, à l’exception des lieux de cultes. L'animateur du mouvement « Trouble-fête » Giorgio Ghiringhelli n’avait néanmoins jamais caché le fait que l’initiative visait les voiles musulmans.

L’UDC et la droite populiste en général avaient profité des résultats de votations pour justifier et renforcer leur discours xénophobes et islamophobes. Le président de la Confédération de l’époque et membre de l’UDC, Ueli Maurer, avait d’ailleurs déclaré que «le résultat (de 2013 au Tessin) montre un certain malaise de la population, comme celui perçu lors de la votation pour l’interdiction des minarets».

Le comité à l’origine de l’initiative « Oui à l’interdiction de se dissimuler le visage » est le Comité d'Egerkingen, le même qui avait été à l’initiative de l'interdiction de construction de nouveau minarets en 2009. Il est composé de nombreuses figures et personalités issues de l’extrême droite et de la droite populiste comme Oskar Freysinger, Yves Nidegger, Jean-Luc Addor, etc. Cette initiative a également reçu d’autres soutiens, y compris du conseiller d’Etat zurichois socialiste, Mario Fehr, qui, fut le premier à gauche a signifié sa conviction pleine et entière qu’elle devait être interdite. Le conseiller d’Etat socialiste Pierre-Yves Maillard a rejoint également la position de son collègue de Zurich, de même qu ’Anita Fetz, conseillère aux Etats. Ces positions étaient néanmoins en contradiction avec la position officielle de la direction du PS qui affirmait son opposition à cette initiave en 2016. Mais déjà dans le passé, au grand Conseil Fribourgeois en 2010, la députée socialiste Erika Schnyder aviat soumise une motion visant à interdire le voile islamique à l'école, mais qui n’était pas passé. En 2009, Christophe Darbellay, président du PDC de l’époque, chassant sur les terres de Freysinger, avait annoncé vouloir interdire la burqa également.

 

Islamophobie, fonds de commerce de l’UDC

La multiplication des initiatives anti-Islam par l’UDC depuis le début des années 2000 ont servi de fonds de commerces politiques, et mêmes financier à entendre Fresyinger. Ce dernier déclarait en effet en octobre 2014 au journal le Temps que les initiatives ayant pour thème l’islam valaient toujours à son parti des dons financiers importants. L’UDC a multiplié les discours, propagandes et actions politiques stigmatisant les populations musulmanes, comme par exemple des initiatives visant à interdire les voiles dans les écoles (en Valais « Pour des élèves têtes nues dans les écoles valaisannes »), l’initiative visant à empêcher le centre « Islam et société » de l’université de Fribourg, opposition à des centres et salles de prières musulmanes (par exemple à Martigny en 2015, Vétroz 2015), opposition à des carrés confessionnels musulmans dans les cimetières, opposition à l’initiative pour la naturalisation facilitée en détournant des statistiques pour affirmer que bientôt les musulman-e-s seront majoritaires en Suisse, initiative pour le renvoi des criminels étrangers, initiative « Contre l’immigration de masse »etc…

Donc lorsque le présidente de l’UDC Vaud « condamne » les actes de vandalisme contre le carré musulman du cimetière de Bois-de-Vaux à Lausanne de la nuit du 12 au 13 octobre 2017, tout en dénonçant la « politisation de l’affaire » et l’organisation d’une manifestation de solidarité avec les personnes de confesssions musulmanes pour condamner cet acte islamophobe ; ou bien allant dans le même sens leur ancien collègue Claude Alain Voiblet, qui s’était opposé au carré musulman et soutenait toutes les campagnes de son ancien parti l’UDC, déclare dans un post facebook « désapprouver ces actes de vandalismes » tout en remettant la responsabilité dans un paragraphe complet sur les autorités politiques de la ville de lausannoise d’avoir cédé au chantage des communautés musulmanes qui cherchent à imposer ses mœurs à tout prix contre les traditions chrétiennes du peuple suisse, nous répondons que ce sont eux qui ont diaboliser les populations de confessions musulmanes libérant la parole et les actes racistes. L’UDC joue le rôle du pyromane qui ensuite nie sa responsabilité dans les évènements de ce type.

 

Dans un contexte de racisme d’état

L’UDC n’est néanmoins pas le seul responsable du climat politique islamophobe et plus généralement hostile aux étrangers. Les politiques du Conseil Fédérale favorisent ce climat par des politiques sécritaires, racistes, et antisociales, tout en reprenant des thêmes de l’UDC. Tout un nombre d’exemples existent pour démontrer ce racisme d’état.

Par exemple, les conditions d’obtentions de la nationalité sont toujours plus difficiles comme par exemple avec la nouvelle loi qui entrera en vigueur en 2018 pour empêcher « 'agissait d'éviter des «naturalisations en masse» selon la droite et l’UDC. Les candidats doivent en outre remplir toute une série de conditions: démontrer qu'ils sont intégrés, prouver qu'ils sont familiarisés avec les us et coutumes du pays d'accueil, respecter les lois et la sécurité publique ainsi que les valeurs de la Constitution fédérale, faire preuve de volonté de travailler ou d'acquérir une formation. Le Parlement a également décidé qu'à l'avenir, la maîtrise orale d'une seule langue nationale au moins ne suffira plus. Il s'agira aussi de savoir l'écrire. Et, comme cela a été le cas jusqu'ici, il faudra également être prêt à débourser plusieurs milliers de francs pour devenir un citoyen suisse.

Les conditions sont également souvent arbitraire dans certains cantons. Par exemple, en juillet 2017, à Buchs (Argovie), une jeune femme turque s'est vue refuser le passeport suisse après un interrogatoire de 92 questions. On lui reprochait, par exemple, d'avoir désigné le ski comme sport national, au lieu du hornuss ou de la lutte. Ces actes ne sont pas seulement dans des communes suisses alémaniques isolées. Lors des débats parlementaires sur les conditions de naturalisation facilitée en 2013-2014, une majorité des deux Chambres a imposé l'obligation pour les candidat·e·s de démontrer leur bonne intégration.

C’est sans oublier que plus de 100 000 et 250 000 personnes « sans papiers », sans permis de séjours, vivent en Suisse depuis plus de 10 ans. Elles travaillent, au gris ou au noir, souvent en cotisant aux assurances sociales ou en payant des impôts à la source, et leurs enfants vont à l’école, mais vivent dans la peur continuelle de se faire expulser.

Les droits politiques et sociaux des réfugiés et des migrants sont toujours de plus en plus réduits. Dans le Canton de Berne en novembre 2013, une votation initiée par l’UDC a été remporté rendant plus difficile les conditions d’obtentions de la nationalité pour les personnes étrangères ayant perçu l'aide sociale au cours de la dernière décennie en les rendant inéligibles à la citoyenneté suisse - à moins qu'ils ne la remboursent.

En même temps, les renvois musclés et forcés de personnes requérantes d'asile se sont multipliés et continuent à travers le territoire.

L’aide aux migrant-es et réfugié-e-s est également criminalisé. Lisa Bosia Mirra, qui avait facilité à neuf reprises l'entrée irrégulière de personnes migrantes en Suisse, dont des mineur·e·s non accompagnés, avait été condamnée en avril 2017 à 80 jours-amende avec sursis. Lisa Bosia a fait appel et a comparu le 21 septembre devant le Tribunal pénal fédéral de Bellinzone. Elle a été reconnue coupable d'incitation répétée à l'entrée illégale. Face au mépris des autorités suisses envers les droits des migrant·e·s et des militant·e·s, Lisa Bosia a décidé de réagir. Le 14 octobre a débuté le départ de la Bainvegni fugitivs Marsch (Marche pour les droits et la dignité humaine), qui fera le tour de la Suisse jusqu'au 10 décembre, atteignant la Suisse romande dès la mi-novembre. Cette marche vise à proclamer que les citoyen·ne·s suisses ne se sont pas tou·te·s rangés à l'avis des autorités fédérales, qui consiste à interdire au maximum l'accès au territoire helvétique ; que beaucoup de collectifs et d'individus luttent pour offrir un accueil digne aux migrant·e·s ; que la solidarité n'a pas rendu les armes!

Ces politiques et leurs acceptations trouvent leurs racines dans la culture politique helvétique, qui a fait de la lutte contre l’Überfremdung – traduit improprement par « surpopulation étrangère », alors qu’il s’agit d’une formule raciste liée à l’altération de l’identité suisse – un des piliers de la dite « démocratie helvétique ». Cette lutte a constitué et reste le socle de référence pour la politique migratoire helvétique.

Il est inacceptable dans un pays qui se prétend démocratique que les droits des individus soient différents selon leurs nationalités, confessions religieuses, leurs permis de résidences ou pas, leur permis de travails différents en fonction de la nationalité, etc… Il convient en fait de qualifier ces différences plutôt d’inégalité de traitements et de droits qui se traduit très concrètement par le déni de droit ou a minima par l’inégalité des droits et des chances par exemple quand on est musulmane, Arabe ou noir de trouver un emploi ou un logement, ou le droit, quand on est musulmane et qu’on porte un foulard d’enseigner à l’école publique interdit par exemple dans le canton de Genève. 

Cette votation sur l’interdiction de la Burqa doit donc être située plus globalement dans des campagnes continues et stigmatisantes de l’UDC, mais aussi des politiques fédérales, contre les étran­ger·e·s et en particulier contre les populations musulmanes, suisse et étrangère, cible de la grande majorité des attaques. La Suisse n’étant pas non plus ilot isolé, la société est également influencée par les évènements en Europe où les campagnes islamophobes et contre les étrangers se multiplient par les gouvernements et occupent une place toujours plus importante dans les médias.

 

L'islamophobie est une forme de racisme et son contexte mondial

L'islamophobie est le racisme contre les personnes de confessions musulmane ou ou perçues comme telles, qu’il ou elle soit pratiquant·e, simple croyant·e ou athée mais portant un prénom musulman et / ou arabe. L’islamophobie ne mesure pas la religiosité d’une personne.

L’islamophobie a connu une explosion dans les pays occidentaux après les attentats en septembre 2001 commis par l’organisation terroriste djihadiste d’al-Qa’ida. Un nouvel ennemi avait été trouvé justifiant notamment le lancement de guerres et interventions impérialistes en Afghanistan, en Iraq et autres pays à majorité musulmanes depuis lors. Les classes dominantes occidentales ont également multiplié les lois discriminantes à l’encontre des populations musulmanes, tandis que les violences physiques augmentaient également. J’en ai fait mention de manière approfondie dans un précédent article.[1]

La montée de l’islamophobes dans différents pays ne se limitent néanmoins pas seulement aux mouvements d’extrêmes droites ou constituent une simple réaction aux attentats terroristes de l’EI et al-Qai’da comme les médias dominants et gouvernements le disent, mais elle est surtout le résultat de propagandes et de politiques sécuritaires, autoritaires et racistes de ces gouvernements. Les populations musulmanes et étrangères de manière générale ont été diabolisées et présentées comme des menaces pour les pays occidentaux, targuées de mettre en danger « notre mode de vie occidental »et nos « libertés ».

Les individus musulmans souffrent de diverses formes de discriminations au niveau de la recherche de logement, de travail ou bien des contrôles policiers plus fréquents et souvent aussi plus violent. Par exemple, en 2016, des travailleurs de l’aéroport de Genève avec des noms à consonances musulmane et / ou arabe ont été exclues car « ils auraient affiché de manière trop affirmative » leur religiosité (islamique).

La Suisse n’échappe pas comme je l’ai mentionné plus haut à cette atmosphère politique favorisant l’islamophobie, dont le symbole reste la loi sur l’interdiction de construction de nouveaux minarets votée en 2009. Cette nouvelle initiative s’ajoute aux précédentes campagnes.

 

La cause des femmes instrumentalisée 

Cette nouvelle initiative s’inscrit dans l’instrumentalisation de l’UDC et des groupes d’extrême droite de la question de l’émancipation des femmes dans leurs campagnes contre les étrangers et la population musulmane en particulier. Ceci alors même qu’ils promeuvent des politiques conservatrices, antisociales et néolibérales qui affectent en premier lieu les femmes et les poussent dans la précarité.

Ce sont ainsi la droite populiste et l’extrême droite qui s’étaient opposé au droit à l’avortement pour toutes les femmes habitants en Suisse par le lancement de l’initiative populaire «Financer l’avortement est une affaire privée», laquelle proposait d’exclure l’interruption volontaire de grossesse des prestations remboursées par l’assurance maladie (LAMal). La majorité de ces partis politiques sont également pour l’augmentation de l’âge de la retraite des femmes, tandis qu’il ont n’ont fait concrètement pour lutter contre les inégalités salariales et autres qui touchent les femmes.

En août 2016, l'organisation œuvrant pour les droits humains Terre des Femmes (TdF) s’est prononcée sans ambiguïté contre une interdiction de la burqa. TdF qualifie celle-ci d’«hypocrite», car revendiquer une interdiction de la burqa au nom de l'égalité n’est autre qu’une «instrumentalisation raciste». Le voile intégral ne constitue «en aucune façon la cause d’un quelconque problème», mais «seulement un symbole différemment interprété». 

En 2010, la section suisse d'Amnesty International (AI) s’etait résolument exprimé contre toute interdiction légale du voile intégral et mettait en garde: «Une interdiction générale du port du voile intégral viole les droits à la liberté d'expression et de religion des femmes qui choisissent d'exprimer de cette manière leur identité ou leurs convictions».

 

Non à la stigmatisation

Les initiatives de ce type jouent la carte du populisme en surfant sur la vague de l’islamophobie rampante en Europe. D’autre part, elles ne font que renforcer la stigmatisation et l’isolation des femmes musulmanes. Il est important de souligner que les soi-disant « féministes » qui soutiennent ces initiatives se retrouvent dans des alliances contre nature avec l’extrême droite et les droites populistes qui attaquent quotidiennement les droits démocratiques et sociaux des femmes. De plus, de telles orientations politiques sont en porte-à-faux avec toute idée de l’autodétermination des femmes par elles-mêmes en jetant l’anathème sur les femmes portant la burqa, en parlant en leur nom et en les déclarant automatiquement oppressée sans leur donner la parole ou même les écouter.

Notre opposition à cette initiative et à l’interdiction de la burqa n’est pas un soutien à cet habit, en aucun cas, mais en plus des raisons évoquées dans le texte, contre le choix de l’état de légiférer sur les questions d’habillements, concernant à nouveau d’ailleurs les femmes et de l’injonction à contrôler leurs corps.Cela ne nous empêche pas en même temps de nous  opposer aux courants fondamentalistes religieux qui promeuvent une vision autoritaire, sexiste et réactionnaire de la société. Nous  devons refuser toute forme de minimisation du danger que représente ces courants.

La question du voile et de la burqa ne con­cer­ne que les femmes, elles doivent décider par elles-mêmes et en toute indépendance de son port ou non. Le voile et la burqa imposés ou retirés par la force (par un état et / ou un individu) sont un acte réactionnaire et qui va à l’encontre de tout soutien à l’auto­détermination des femmes. L’émancipation des femmes sera l’oeuvre des femmes elles mêmes.

 

Conclusion

Nous devons refuser la normalisation des paroles et actes racistes et réagir et se mobiliser à chaque fois que actes racistes seront commis. Nous ne laisserons rien passer. Nous devons clairement dire que les individus de confession musulmanes, suisse ou pas, et les étrangers ne sont pas les problèmes, mais bien les politiques du autorités suisses et de l’UDC.

Les mouvements progresisstes et démocrates doivent s’investir sans hésitation et totalement dans ce combat contre l’islamophobie et de manière plus globale toutes les formes d’oppressions.

En effet les classes dominantes et les mouvements d’extrême droite veulent tenter de diviser les salariés par des politiques racistes et / ou discriminantes contre certains groupes et / ou individus dans la société, tout en augmentant l’exploitation des groupes exploités et opprimés par de nouvelles politiques néo-libérales.

En plus de diviser les classes des salariés, les politiques racistes et discriminantes ont des conséquences sociales très concrètes et dure pour des populations déjà fortement touchées par diverses formes d’oppressions comme les contrôles au faciès, discrimination au logement, à l’emploi, salaires plus faibles ou avancements de carrière plus lents en sont des symptômes. Dans cette perspective, il est nécessaire de lutter pour l’abolition de tous les régimes discriminatoires liés aux statuts de séjour, pour une régularisation collective de tous les sans-papiers, pour la dénonciation des accords Schengen-Dublin.

A nous de lier la lutte contre les différentes formes d’exploitations et d’oppressions ensemble. 

Les discriminations basées sur la race, le genre, l’orientation sexuelle, les oppressions culturelles et idéologiques ne doivent pas être en effet sous-estimées, au risque de perdre de vue la complexité de la tâche d’unir les salariés, au moment de construire un mouvement progressiste comprenant des travailleurs et travailleuses de tous les horizons. L’absence de prise en compte de ces discriminations dessert la volonté d’unir les classes populaires et le projet politique visant la transformation radicale de la société.

Pour cette lutte, il faut construire des fronts unis larges réunissant des organisations et des individus musulmans, organisations démocratiques, progressistes, féministes syndicats, associations et autres dans une démarche de défense des droits démocratiques et sociaux de tous et de toutes sans discrimination aucune.

 

Joseph Daher

 

[1] Voir https://emancipations.blog.tdg.ch/archive/2017/07/05/explosions-d-actes-islamophobes-284994.html

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