Liban : structure de classe, néolibéralisme et Hezbollah

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Des mouvements de protestation populaire sans précédent dans les dernières décennies au Liban secouent le pays. Les mobilisations ont commencé le 17 septembre à la suite de l’annonce par le gouvernement de nouvelles taxes, y compris sur les applications de messagerie instantanées et sur fond d’une crise économique toujours plus profonde. Le mouvement de contestation s’est rapidement étendu à toutes les villes du pays, jusqu’à provoquer la démission du Premier ministre Saad Hariri.

Les manifestant·e·s ne dénoncent pas seulement les politiques économiques néolibérales du gouvernement et sa corruption, mais remettent en cause l’ensemble du système confessionnel et bourgeois libanais. Tous les partis politiques confessionnels qui le composent et dominent la vie politique depuis de nombreuses années sont visés par les manifestant·e·s, y compris le mouvement du Hezbollah.

La résistance de ce dernier à Israël lui a offert pendant longtemps une grande légitimité populaire. Mais au-delà de cette résistance, cette organisation est elle aussi soumise au poids du néolibéralisme et aux colères que celui-ci provoque dans les classes populaires du Liban qui formaient sa base sociale.

Le secrétaire général du parti, Hassan Nasrallah, a d’ailleurs critiqué le mouvement populaire dans un discours le vendredi 25 octobre, l’accusant de plonger le pays dans le chaos et laissant entendre qu’il pourrait être le produit d’un complot de gouvernements étrangers. Il a également dénoncé les appels à la chute du gouvernement et du président, appelant au dialogue avec les autorités, tandis que des membres du Hezbollah, associés à Amal, n’ont pas hésité à attaquer violemment des manifestant·e·s à Beyrouth et dans le sud du pays dans la ville de Nabatyié.

Le discours de Nasrallah et le comportement de membres du parti ont confirmé que le mouvement est devenu un soutien et défenseur essentiel du système confessionnel et bourgeois libanais. C’est pourquoi nous publions ici un extrait du livre de Joseph Daher publié l’an dernier aux éditions Syllepse.

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