09/10/2017

Solidarité avec la communauté LGBTIQ en Egypte

Une campagne de répression sans précédent menée par la police et service de sécurité à été lancé contre la communauté LGBTIQ depuis le 22 septembre 2017 après le concert du groupe libanais Mashrou' Leila au Caire durant lequel des drapeaux arc-en-ciel, symbole de la communauté LGBTIQ, ont été brandi par quelques personnes dans le public.

 

 


A la suite de la publication d’images sur les réseaux sociaux du concert, des personnalités politiques, des représentants des partis politiques, des députés et des hommes de religions du centre islamique Al-Azhar ont condamné les individus qui ont agité les drapeaux arc-en-ciel et ont fait pression sur le régime égyptien de mettre un terme à ce qu'ils appelaient - des tentatives pour corrompre les jeunes. Les forces de police et de sécurité ont alors commencé à arrêter des dizaines d'individus - qui sont soit LGBTIQ ou perçus comme étant - dont la plupart n'ont aucun lien avec le concert. Au moins 57 individus ont été incarcérés en Egypte depuis lors.

La majorité des personnes appréhendées ont été accusées de «débauche » ou de sa «promotion», selon les articles 9 et 10 de la loi anti-prostitution et de débauche datant de 1961. D'autres font face à des accusations de facilitation de la débauche, et d’être membre d’un groupe interdit visant à perturber des dispositions de la Constitution et de la loi en incitant à la «déviance». Ces lois sont utilisées par la justice pour contourner l'absence de pénalisation explicite de l'homosexualité en Egypte.

Huit ont déjà été condamnées à des peines d'un à six ans d'emprisonnement.

Les arrestations, les interrogatoires et les actes d'accusation sont remplis de violations flagrantes du droit à un procès équitable et de ses garanties, conformément à la Constitution et aux conventions internationales qui ont été ratifiées par les régimes égyptiens successifs. Les personnes emprisonnées n'ont pas pu exercer leurs droits constitutionnels pour contacter leurs familles et choisir leurs avocats. Les personnes incarcérées ont également été soumis à des actes de menaces et de tortures, y compris des violences physiques, des insultes continues dans les postes de police, des menaces de violence sexuelle et des "examens anaux" pour "prouver" leur homosexualité.

 

Les médias égyptiens ont également joué un rôle criminel en invitant et encourageant la police et les forces de sécurité à réprimer les personnes LGBTIQ, ou soupçonnées de l’être. Ils ont promu un discours de haine et de discrimination à l'égard de ces individus en prétendant que brandir drapeau arc-en-ciel, ainsi que toute personne LGBTIQ, constitue une menace pour les valeurs et la morale des Égyptiens. En plus de cela, ils ont calomnié les personnes incarcérées en publiant leurs informations personnelles dans les médias avant que les interrogatoires ne soient conclus ou des accusations formelles ne soient faites. Pour rappel, en décembre 2014, la journaliste de télévision Mona al-Iraqi avait participé à un raid de sécurité dans un « Hammam » au Caire contre des soi disant homosexuels, en filmant des hommes qui avaient été arrêtés par la police et en publiant leurs identités.

 

Le Conseil suprême pour les médias a rejoint cette campagne en publiant une déclaration disant: "Les homosexuels ne devraient pas apparaître dans les médias visuels, radios ou dans la presse". Ils ont également affirmé que l'homosexualité est «une maladie et une honte qu’on devrait mieux cacher et non promouvoir».

 

Le groupe de pop rock Mashrou' Leila, engagé en faveur de la cause LGBTIQ a dénoncé dans une déclaration sur Facebook une « chasse aux sorcières ». Ils ont déclaré: «Nous ne pouvons expliquer à quel point nous sommes attristés de voir une autre ère de tyrannie réactionnaire se répandre sur un de nos pays et publics bien aimés». Déjà persona non grata en Jordanie, le groupe libanais ne devrait plus pouvoir se produire en Égypte à l’avenir, comme l’a annoncé le très conservateur Syndicat des musiciens.

 

La campagne de répression s'est élargie dans les jours qui ont suivi le concert et des membres du Conseil national des droits de l'homme et des parlementaires s’y sont joints, dont certains ont soumis des demandes d'enquête. Un membre de la commission des affaires législatives et constitutionnelles du Parlement a déclaré que le comité chercherait à renforcer la peine pour l'homosexualité, même si ce n'est pas un crime en Egypte.

 

Cette nouvelle de campagne de répression contre les LGBTIQ n’est pas un incident isolé ou nouveau. 232 personnes, soit LGBTIQ ou perçues comme étant, ont été arrêtées entre la dernier trimestre de 2013 et le mois de mars 2017. L'écrasante majorité des personnes avaient été condamné en relation aux lois anti-prostitution et de débauche mentionnées.

 

A l’heure où nous écrivons « cette chasse aux sorcières», la pire depuis deux décennies, se poursuivait, tandis que certaines personnes étaient en fuites pour éviter l’emprisonnement. Des activistes qui ont dénoncé cette répression, comme Sarah Hegazy, ont également été détenus.

 

Comme l'a affirmé très justement le groupe Mashrou ‘Leila "Cette répression n'est nullement séparable de l'atmosphère étouffante de peur et d'abus subies quotidiennement par tous les Egyptiens, indépendamment de leurs orientations sexuelles".

 

Le régime égyptien et ses forces de sécurités se sont caractérisés par des campagnes d’arrestations arbitraires généralisées, des disparitions forcées et des tortures contre des membres des mouvements d'opposition politique et personnes perçues comme telles, dont beaucoup sont des membres présumés ou des sympathisants des Frères Musulmans, mais aussi des personnes de gauche, des démocrates, des défenseurs des droits de l'homme, des journalistes et d'autres. C'est sans oublier le massacre de plus de 800 manifestants des FM et ses partisans de la place Raba'a du Caire en août 2013. La Coordination égyptienne pour les droits et libertés a identifié 30 personnes mortes sous la torture alors qu'il se trouvait dans des postes de police et d'autres sites de détention du ministère de l'Intérieur entre août 2013 et décembre 2015. En 2016, la Coordination égyptienne pour les droits et libertés affirmait que ses avocats avaient reçu 830 plaintes de torture et que 14 autres personnes étaient mortes sous la torture en détention.

Les autorités égyptiennes ont également arrêté un certain nombre de dirigeants et membres de syndicats indépendants ces dernières semaines. Neuf dirigeants ont été arrêtés et de ceux-là, sept sont toujours en prison. D'autres syndicalistes indépendants sont menacés de subir un sort semblable. Les autorités n'ont pas reconnu des syndicats indépendants opérant en dehors de la Fédération syndicale égyptienne contrôlée par l'État, alors que les travailleurs ont été arrêtés pour avoir participé à des grèves. 

Les groupes de défense des droits de l'homme en Égypte estiment que plus de 60 000 prisonniers politiques languissent dans les prisons du pays. Vingt prisons ont été construites depuis que le dictateur Sisi a pris le pouvoir.

Le régime a également continué à emprisonner ou arrêter des personnes sous l'accusation de diffamation de la religion, en particulier les individus affirmant leur athéisme ou accusés de l’être, tandis que les minorités religieuses, y compris les chrétiens coptes, les musulmans chiites et les Baha'is, continuent de faire face à des restrictions discriminatoires au niveau du droit et en pratique et à une protection inadéquate contre les violences des groupes extrémistes.

 

Le régime de Sisi est l'acteur le plus important de la contre-révolution en Egypte.

 

À bas le régime autoritaire de Sisi et tous les oppresseurs

 

Solidarité avec les LGBTIQ et contre toutes les formes d’oppressions.

16:39 Publié dans Egypte, LGBTIQ, Oppressions | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

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