30/05/2017

Victoire des prisonniers politiques palestiniens!

Le samedi 27 mai, plus de 800 prisonniers politiques palestiniens qui observaient une grève de la faim depuis le 17 avril dans des prisons de l’occupation israélienne pour améliorer leurs conditions de détention et de traitement ont suspendu leur mouvement à la suite d'un accord conclu entre les représentants des prisonniers et les autorités israéliennes. 


Un succès sur plus de 80% des revendications

Après 40 jours de grève de la faim, les prisonniers politiques palestiniens ont annoncé qu’un grand nombre de leurs revendications, plus de 80 %, avaient été acceptées, tandis que d’autres étaient toujours en discussion. Tous les prisonniers qui ont été transférés depuis le début de la grève doivent être renvoyés dans leur prison d'origine et les sanctions infligées aux grévistes de la faim ont également été levées.

Pour rappel, les demandes des grévistes allaient de l'installation de téléphones publics, à l'augmentation des visites familiales, en passant par l'amélioration du traitement médical, la fin des isolements pénitentiaires et le rétablissement de l'accès des détenus au programme éducatif (du niveau de l’enseignement du collège à l’universitaire).  

A l'annonce du résultat de l'accord, des scènes de joies des manifestant-es et familles des prisonniers se sont déroulées dans les campements et tentes installées dans les villes et villages de Cisjordanie et dans la Bande de Gaza en soutien aux grévistes de la faim. Des mobilisations populaires avaient eu lieu ces dernières semaines en solidarités avec les grévistes.

Cette grève était initialement emmenée par la figure du Fatah Marouane Bargouthi, qui a été arrêté la première fois à 15 ans et plus de 20 fois dès lors. Cette grève de la faim a été suivie tout d’abord par environ 1 500 personnes, réunissant des leaders politiques appartenant à l’ensemble des factions palestiniennes: aux côtés d’Ahmed Saadat, secrétaire général du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP) et d’Ahed Abou Ghoulmeh se trouvaient notamment Abbas Sayyed, membre du bureau politique du Hamas ainsi qu’Ibrahim Hamed et Hassan Salameh, Zaid Bseiso du Djihad islamique, Wajdi Jawdat du Front démocratique de libération de la Palestine (FDLP) et Bassam Kandakji du Parti du peuple (les communistes) ainsi que le doyen de la détention Karim Younès (Fatah). 

Cette grève s’inscrivait également dans une longue contestation de la politique d’emprisonnement massif des Palestiniens, intrinsèquement liée à l’occupation et à la colonisation de la Cisjordanie et, depuis 2005, au blocus de la bande de Gaza. En 1989, le taux d’incarcération était de 750 prisonniers pour 100 000 personnes, soit le plus haut au monde, et une proportion de 40,2 % des hommes palestiniens sont passés par les prisons israéliennes depuis 1967. Entre 2006 et 2008, au moment de la répression de la seconde Intifada, environ 8 000 Palestiniens étaient emprisonnés selon B’Tselem. Les arrestations massives ont repris depuis l’automne 2013, puis de « l’Intifada des couteaux », nommé par les Palestiniens (habbeh (le « petit soulèvement »), débutée en octobre 2015. Selon la police israélienne, 17 396 Palestiniens de Cisjordanie et de Jérusalem-Est ont été arrêtés en 2014. Toute activité politique contestant l’occupation est réprimée et mène aux prisons de l’occupant. 

 

Rester solidaires, une nécessité

6500 prisonniers palestiniens, dont plus de 400 mineurs, sont emprisonnés dans les geôles de l’occupant israélien. Ces prisonniers politiques ont toujours joué un rôle important dans la lutte contre l’occupant israélien. Cette nouvelle victoire témoigne que la « détermination »- connue sous le nom de "sumud" en Palestine- continue de prévaloir parmi les Palestiniens. Cela malgré les tentatives de répression, pressions et de diffamations contre les grévistes de la faim par les autorités d’occupation israélienne, comme le montage vidéo montrant Marwan Barghouthi en train de manger ou la volonté de diviser les grévistes en essayant de conduire des négociations séparées, couplées à une politique répressive (isolements, amendes, privations de visite, transferts incessants, harcèlements des grévistes).

Cette victoire d'étape montre également la nécessité de continuer à développer les campagnes de solidarité avec le peuple palestinien contre l'occupant israélien, particulièrement la campagne Boycott Désinvestissement et Sanctions (BDS) qui est de plus en plus criminalisé par Israël et les états occidentaux. Le BDS permet de démasquer et dénoncer la collaboration des gouvernements occidentaux avec un Etat qui viole de manière quotidienne le Droit International depuis presque 70 ans maintenant et des grandes entreprises qui tirent profit de l’occupation pour faire des bénéfices. Cette campagne BDS, comme celle du Boycott de l’Afrique du Sud de l’Apartheid constitue un outil de pression sur nos gouvernements pour qu’ils appliquent des sanctions et un levier sur le gouvernement israélien pour le pousser l’application du droit international et le respect des droits des Palestiniens. Dans le cadre du BDS, l’égalité des droits pour les Palestiniens, cela signifie, au minimum :

- la fin de l’occupation et de la colonisation de 1967 par Israël, 

- la fin du système de discrimination raciale en Israël, 

- et le respect du droit des réfugiés palestiniens au retour sur leurs terres d’où ils ont été chassés par le nettoyage ethnique qu’ils ont subi durant la Nakba (Catastrophe) de 1948.

En même temps, il faut dénoncer les régimes autoritaires arabes et de la région, comme l’Iran et la Turquie, qui utilisent la cause palestinienne pour leurs politiques internes et agendas extérieurs pour leurs intérêts propres. C’est pourquoi, il est important de soutenir les mouvements de contestations populaires démocratiques et progressistes dans leur combat pour renverser tous les régimes autoritaires qui sont complices de la souffrance du peuple palestinien par leur collaboration directe ou indirecte avec l’Etat d’Israël. Les régimes autoritaires de la région ont tous essayé de supprimer, dominer ou contrôler le mouvement national de libération palestinien. Il faut rappeler de manière constante l’importance de comprendre que la libération de la Palestine passe en effet par la libération des peuples de la région, et dès lors par Damas, Ryad, Doha, Téhéran, le Caire, Amman, etc…

La libération de la Palestine historique et de ses classes populaires est liée à la libération et à l’émancipation des classes populaires de la région contre leurs classes dirigeantes ainsi que des différents impérialismes, en particulier des Etats-Unis et de la Russie, et des forces impériales régionales telles que l’Iran, l’Arabie Saoudite, la Turquie et le Qatar. Dans cette logique similaire, il faut se battre contre toutes les tentatives de division des classes populaires par les régimes et les mouvements fondamentalistes islamiques dans la région ( qui sont tous les deux des acteurs de la contre révolution dans la région) sur la base de genre, appartenance religieuse, nationalité, etc…qui essayent de dominer ces populations et donc d’empêcher leur libération et leur émancipation et donc de celles des classes populaires de Palestine.  

Solidarité avec la résistance du peuple palestinien qui reste inébranlable face à la guerre continue de l’état d'Apartheid, colonial et raciste d'Israël !

 

Joe Daher

15:08 Publié dans BDS, Palestine, résistance | Tags : palestine, bds, résistance | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

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